Toi, tu glandes toute la journée !

Publié le par Sabrina Richard Auteur

Ce n’est pas parce que je bosse chez moi
que je glande tout le temps !

(ou comment être prise au sérieux quand
on a la chance de ne pas bosser dans un bureau)

Comme beaucoup de mes collègues écrivains, j’entends fréquemment certaines remarques sur le fait que, comme je ne suis pas salariée, je mène la belle vie à flemmarder toute la journée chez moi…

Je pense qu’il est donc temps de rectifier le tir et de dire la vérité à mes chers lecteurs adorés.

« Toi, t’as du bol ! Tu bosses chez toi, tu n’as de compte à rendre à personne, pas de chef et pas de collègues hystériques ! En plus, je suis sûre que la majorité du temps t’en profite pour glander. Allez, avoue ! »

Alors ça c’est bas !

Bosser chez soi est, c’est vrai, super top de chez top. Je fais effectivement les horaires que je veux, je peux écrire le matin au réveil, dans la journée, pendant que mon homme regarde un match de foot et même la nuit si j’en ai envie.

MAIS…

Ben oui, y’a quand même un « mais » !

J’ai des comptes à rendre. Notamment à :

  • Mon éditeur qui, j’en suis sûre, attend fébrilement mon prochain manuscrit,
  • À mon banquier qui aimerait bien voir apparaître sur mon compte des rentrées d’argent régulières comme au temps béni (pour lui) où j’étais salariée,
  • À mes gamins qui s’imaginent que vu que je suis à la maison, je suis dispo à 100% pour répondre à leurs moindres caprices,
  • À mon homme car je lui porte moins d’attention qu’avant (je lui ai promis que quand je gagnerai suffisamment d’argent avec mes bouquins, il pourra arrêter de travailler),
  • À mes lecteurs (tiens, j’aurais peut-être dû les mettre en début de liste… je sens qu’ils vont faire la gueule) qui ont hâte de se jeter comme des morts de faim sur mon nouveau roman,
  • À mes parents qui croient en moi, mais qui pensent secrètement que l’écriture n’est qu’une lubie et donc pas un vrai métier,
  • À mon libraire qui est impatient de programmer une séance de dédicaces pour attirer du monde dans sa boutique,
  • À mes ami(e)s qui aimeraient me voir plus souvent, mais qui patientent et attendent que je sorte de ma torpeur d’écrivain en transe pour boire un verre avec moi…

J’ai des tonnes de gens qui comptent sur moi ! Donc, vous voyez, je n’ai pas vraiment le temps de glander… Même si cela m’arrive une à deux heures par jour. Faut bien se reposer quand même, je n’ai pas envie que mon cerveau grille pour cause de surmenage. Ecrire est pour moi un plaisir, en plus d’une thérapie, et je ne veux pas que cela devienne une contrainte.

Quand je sens que j’ai atteint le bout du bout, quand j’ai extirpé toute la moelle de mes cellules grises et que mes neurones menacent de faire grève, je lance une appli Facebook et je me vide la tête en jouant à Trainstation ou à un Bubble. Ça ne veut pas pour autant dire que je paresse toute la journée.

Maintenant que les choses sont dites, le prochain qui me fait une remarque, je le défonce ;-)

 

 

© Sabrina Richard – « Ma vie de femme presque parfaite »

 

Publié dans My life

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Nina Padilha 17/05/2014 16:18

J'adore te lire ma belle !
Un coup de gueule salutaire autant que nécessaire.
Ça : c'est fait.
Bisous !

Sabrina Richard Auteur 18/05/2014 09:49

Hello Nina,
Oui, des fois, il faut remettre les choses à leur place ;-)
Bisous

Sabrina 17/05/2014 14:50

ça c'est dit !!!! Comment ça, tu ne glandes pas? .... Nnn, je plaisante ! Je connais le même sort, sauf que moi j'enfile des perles, alors imagine un peu les remarques !!!! Vivre sa passion oblige a affronter certaines jalousies, mais tu as oublié de dire tout le courage qu'il faut pour se jeter dans le vide !!! Et au fait, comme d'habitude, j'adore te lire. <3

Sabrina Richard Auteur 18/05/2014 09:48

Coucou Sab,
Merci pour ton message et ton partage sur FB ;-)
Pour une fois, il s'agissait d'une anecdote 100% vécue.