Mon rendez-vous chez Pôle Emploi

Publié le par Sabrina Richard Auteur

Des fois, dans la vie, vous n’avez pas le choix, vous devez passer par la case « chômage »… C’est pas tip top mais vous faites avec et vous vous inscrivez chez P.E., l’organisme pour lequel vous avez cotisé pendant de nombreuses années.

Si vous avez beaucoup de chance, vous serez très vite convoqué à un entretien avec votre conseiller. Si vous n’en avez pas (comme la majorité de vos concitoyens), vous apprendrez à vous débrouiller tout seul…

Par la magie du hasard, je fais partie de la première option, j’ai eu du bol après ma réinscription.

Oui, j’ai fait la grosse erreur de me désinscrire après avoir trouvé un boulot en CDI… que j’ai rompu au bout de cinq mois…

***

Deux mois après ma réinscription comme demandeuse d'emploi j'ai eu le plaisir de recevoir une lettre de convocation à un entretien avec mon nouveau conseiller.

Quand je dis courrier, je parle de courrier électronique et non par voie postale.

Oui, il est fini le temps où, ouvrant votre boite aux lettres, vous tombiez sur une enveloppe estampillée du logo de Pôpole.

Le progrès est passé par là et les convocations, ou tout autre document envoyé par PE, arrivent par courrier électronique. Mais attention ! Pas dans votre boite mail habituelle (ça serait trop simple). Non, il s'agit de votre boite "courrier" de votre profil PE.

Autrement dit, si vous n'avez pas la curiosité d'aller y faire un tour de temps en temps, vous loupez vos entretiens et donc vous risquez de vous faire radier... pas glop.

Ne souhaitant pas que cette mésaventure m'arrive, j'avais donc fébrilement cliqué sur l'onglet "Mes courriers" et découvert cette missive :

 

« Convocation à un entretien de suivi de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi

Madame,

Lors de votre entretien du XXX, vous avez défini avec votre conseiller les actions à engager dans le cadre de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi. Depuis cette date, vous avez peut-être retrouvé un emploi. Dans ce cas, je vous remercie de nous le faire savoir. Si vous êtes toujours à la recherche d’un emploi, un bilan des actions menées est nécessaire, afin de préciser les prochaines étapes de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi.

Dans cette perspective, vous avez rendez-vous avec votre conseiller, MR R. F, le XXX, à xxhxx à l’adresse suivante : xxx

afin de tirer le meilleur profit de cette rencontre, je vous invite à apporter votre curriculum vitae (CV) à jour, ainsi que tout élément permettant d’attester de vos recherches d’emploi.

Cet entretien est indispensable dans le cadre de votre projet personnalisé d’accès à l’emploi. À ce titre, il est obligatoire. Si vous n’êtes pas disponible et afin qu’un nouveau rendez-vous soit fixé, vous devez impérativement nous contacter dans les plus brefs délais.

En cas d’absence à cet entretien et sans motif légitime de votre part, attesté par des justificatifs écrits, je serai contraint(e), conformément aux articles L. 5412-1 et R. 5412-1 à R. 5412-8 du Code du travail, de procéder à votre radiation de la liste des demandeurs d’emploi.

Veuillez agréer, Madame, mes salutations distinguées.

Le Directeur »

 

Le précédent entretien datait d'il y a 10 mois... Sont pas super réactifs chez Pôpole, mais bon, j’ai un entretien, c’était déjà ça...

Mais penchons-nous sur ces deux phrases : « Depuis cette date, vous avez peut-être retrouvé un emploi. Dans ce cas, je vous remercie de nous le faire savoir ».

C'est vrai que si l'on retrouve du travail il est logique de se réinscrire comme demandeur d'emploi... Après tout, vu la conjoncture actuelle, ce n'est pas si bête que ça, c'est un peu comme une assurance-vie. T'es vivant, mais tu penses à quand tu seras mort. Là c'est pareil, tu es salarié, MAIS au cas où (on ne sait jamais), tu t'inscris chez Pôle Emploi.

Lors du dernier rendez-vous, il y a donc dix mois, ma conseillère de l'époque m'avait gentiment expliqué qu'il fallait que je songe à changer de carrière... Vu qu'il n'y avait aucune offre dans ma branche, elle m'avait suggéré de devenir secrétaire commerciale.

Pourquoi pas ? me direz-vous. Certes...

Il y avait cependant un truc qui coinçait : je n'avais ni l'expérience ni les diplômes, ce que je lui avais fait remarquer.

Elle m'avait rétorqué que ce n'était pas grave et que je devais postuler quand même.

Ce que j'avais fait...

Les recruteurs ne m'avaient jamais répondu. Bizarre non ?

Mon nouveau conseiller sera-t-il un peu plus intelligent que sa collègue ? Ou cherchera-t-il à me mettre dans une case alors que je ne peux pas y rentrer (même avec un chausse-pied).

Les marchés porteurs en matière d’emplois à ce moment-là étaient, entre autres, l'aide à la personne ou la plomberie… Ne me voyant pas « plombier », je craignais que mon conseiller ne me demande si donner de la bouillie à des petits vieux dans un mouroir infâme pouvait m'intéresser...

Le jour J, j’allais à mon rendez-vous avec Monsieur R., et je ne vous cache pas que j’étais légèrement angoissée, ne sachant pas ce que cette rencontre allait bien pouvoir m’offrir.

Arrivée largement en avance (c'est pathologique chez moi...), j’en profitais pour vérifier une dernière fois les notes que j’avais prise lors de mes derniers entretiens d’embauche.

Pour le coup, j’ai eu le temps de tout vérifier… trois fois… C’est long trente minutes à attendre… Alors j'ai tué le temps en faisant semblant de ne pas entendre la vie privée des autres personnes dans la salle.

C'est fou le manque de confidentialité qu'il y a chez Pôpole, la salle est grande et très mal insonorisée et même à 15 mètres j'entendais tout ce qui se disait aux guichets...

Le monsieur finit par arriver. Il a l'air sympa, jovial, limite il me serre la main. Nous montons à l'étage, suivons un grand couloir (ils sont classes leurs locaux, propres, bien éclairés, moquette douce...) et entrons dans son antre.

Il me désigne une chaise, s’assoit sur la sienne, pianote sur son clavier et ouvre mon dossier.

Après les présentations d'usage « C'est la première fois que nous nous voyons » je lui lance d'emblée, « J'espère que contrairement à votre collègue qui me suivait l'année dernière, vous allez pouvoir m'aider... ». Les choses sont dites... Il me regarde et rigole (pas genre, il se fout de moi, non, il rigole sur sa collègue, dont le nom est sûrement affiché dans mon dossier).

Je lui parle des six entretiens que j'ai eus un mois avant, lui explique que cela n'a pas abouti et pourquoi. Je manque tomber de ma chaise lorsqu'il me répond, tout gentiment, « la prochaine fois qu'un truc pareil vous arrive, vous me prévenez tout de suite et j'appelle l'employeur illico. Cela fait partie de mon travail de vérifier que les employeurs qui passent des annonces sur Pôle Emploi ont des raisons valables de refuser un candidat ».

Je n'en revenais pas... Enfin quelqu’un d’intelligent et qui, apparemment, faisait son travail et prenait à cœur les intérêts des chômeurs !

Voyant que Monsieur R. était quelqu'un de bien j'en profitais pour lui demander s'il était possible de passer un bilan de compétences professionnelles payé par PE. Il me dit « pas de problème », saisit son clavier, tape frénétiquement dessus, mais vaincu par le système il m'avoue « flûte, il n'y a aucune date pour votre département ».

« Pas grave » je lui rétorque, « Je veux bien monter à la Capitale s'il le faut ».

Là il rigole, vérifie, mais le verdict est le même. Qu'à cela ne tienne, il m'invite à passer régulièrement ou à téléphoner au 3949 pour demander si des dates seront bientôt prévues afin que je puisse m'inscrire rapidement.

Et là, un petit éclair dans l’œil il me dit « ça vous dirait de bosser chez Pôle Emploi ? Ils recrutent en ce moment, en CDD ou CDI. Vous avez le profil, essayez ».

Oh ben dit si gentiment pourquoi pas, mais sincèrement, j’ai pas vraiment envie de faire ce boulot-là…

Il me donne également plein de sites internet spécialisés dans ma branche, des tuyaux sur les formations à demander, me conseille de me renseigner pour faire une VAE, etc.

Il conclue l'entretien en me proposant une offre d'emploi assez intéressante et, après quelques secondes, il rajoute que le mieux serait que je trouve un CDD sympa de trois mois, même payé au Smic, ce qui me permettrait de réactiver mes droits aux allocations chômage.

Comme je lui avais dit que j'étais écrivain, il avait bien compris que si je trouvais un job, ce ne serait que de l'alimentaire et que le truc qui m'éclatait dans la vie, c'était d'écrire.

C’était la première fois que je tombais sur un conseiller aussi sympa et je repartais le cœur léger et avec le sourire.

***

Pour info, j’ai trouvé un nouveau boulot quelques mois après (un CDD) qui m’a permis de réactiver mes droits aux allocations PE, mais je n’ai plus jamais vu Monsieur R. Pôle Emploi ayant fait une refonte totale de ses infrastructures, il n’y a plus de conseillers personnalisés, ce qui veut dire qu’à chaque fois que vous aurez besoin d’en voir un, il vous faudra réexpliquer votre dossier depuis le début.

Il paraît que l’on gagne du temps avec cette méthode…

 

 

 

© Sabrina Richard – « Ma vie de femme presque parfaite »

Publié dans My life

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Nina Padilha 04/05/2014 14:25

Je ne travaille plus. Ordre de la sécu.
Bon. J'échappe à pas mal de migraines, du coup.
Bisous, ma belle !

Céline 04/05/2014 12:19

Pathétique.
J'y suis aussi puisque basculant de cdd en cdd.
Heureusement que je me débrouille toute seule.
Pas un emploi trouvé grâce à eux.

Sabrina Richard Auteur 04/05/2014 12:21

Idem, je me débrouille sans PE...

Sabrina 04/05/2014 09:52

Je dois m'y inscrire lundi, juste pour savoir si j'ai droit au chômage avec le dernier boulot que j'ai fais .... J'aurais bien aimé tomber sur Mr R ;)

Sabrina Richard Auteur 04/05/2014 09:53

Trouver un Monsieur R est extrêmement rare... j'en ai croisé qu'un seul en quatre ans de PE...
Bon courage pour lundi, je croise les doigts pour que tu puisses toucher tes allocs.
Bises ;-)