Ville 3 – Moi 1

Publié le par Sabrina Richard Auteur

Les vacances scolaires c’est cool. Quand elles arrivent, j’envoie Cathy et Paul passer quelques jours chez mes parents, ou ceux de Pierre, et j’en profite pour faire des grasses mat’, prendre soin de moi et, accessoirement, rattraper le retard que j’ai pris dans mon manuscrit afin que mon éditeur arrête de me harceler au téléphone pour cause de délais dépassés.

Par contre, il y a un truc que je n’avais pas vu venir… En rentrant hier soir de son dîner avec des clients, mon homme m’a balancé une « bombe ».

— J’ai une semaine super chargée, faut que je sois à l’autre bout de Paname à 7h donc il faudrait que tu mettes le réveil à 4h30. Ça t’embête pas dis ?

Oh ben tu penses ! J’ai toujours rêvé de me lever à cette heure-là ! Justement, je me disais que ça serait super fun, vu que les enfants ne sont pas là !

Parce que, je ne sais pas vous, mais moi, une fois que je suis réveillée, c’est mort, impossible de me rendormir… Paul doit se lever à 4h30, soit, mais ça veut dire que moi aussi, et ça c’est super méga pas fun du tout !

***

Encore dans les vapeurs du dodo, mon cher et tendre m'annonce d'une voix ensommeillée qu'il a oublié son portable hier soir dans un resto et que du coup il ne pourra pas le récupérer avant ce soir... Pas top, surtout si des clients cherchent à le joindre pour lui proposer un contrat.

Qu'à cela ne tienne, je vais envoyer un mail à son bureau et téléphoner au resto pour les prévenir (mais bon, vu qu'il n'est pas encore 5h du mat' je vais peut-être attendre un peu).

Après 3 heures de relecture/corrections sur mon manuscrit, l'horloge de mon ordi affiche 9h, j'envoie donc mon mail et à 11h je passe un coup de fil au resto où un serveur très sympa me demande d'appeler le portable de mon homme pour qu'il le trouve plus vite. Dix minutes plus tard, hourra, le portable est retrouvé, un responsable l'avait mis de côté pour qu'il ne soit pas volé (sympa le gars, soit dit en passant).

Vu que j'avais rempli mes missions du jour, je vais tranquillou prendre ma douche avant d'aller rendre visite à ma boucherie préférée dans l’arrondissement voisin. Il y a deux jours je lui avais passé commande d’une super terrine de canard aux pistaches. Je ne sais pas si vous connaissez cette merveille, mais si vous avez l'occasion d’y goûter n'hésitez pas une seconde, c'est trop bon.

Un petit tour à la banque est aussi prévu, ça tombe bien elle est juste à côté. Allez zou, direction l'arrêt de bus.

Là ça commence à se corser... Des "chenapans" ont encore pété les vitres de l'arrêt et la DDE n'a pas retiré tous les bouts de verre.

Note à moi-même : ne pas s'asseoir sur le banc sinon ça va piquer...

Score : "chenapans" 1 - DDE 0

Un petit trajet en transports en commun et me voilà dans les rues de ce quartier que j’adore, dans le 11ème arrondissement, où les badauds, sortants de leur bureau, se ruent sur les restaurants et dans les divers commerces (c'est fou ce que ce coin est animé sur l'heure du déjeuner, c'est limite si je ne dois pas slalomer entre les passants pour atteindre ma destination, la banque.

Et en parlant de banque... Depuis quand mon agence ferme-t-elle ses portes à 12h30 ??? Il y a encore peu, je pouvais me pointer jusqu'à 13h et c'était bien cool, mais là, bing ! Portes closes (et comme une cruche je n'ai pas pensé à prendre une enveloppe pour déposer ma remise de chèque dans la boite aux lettres de l'agence).

Score : ville 1 - moi 0

Bon, tant pis, je vais aller faire un tour chez mon libraire et lui acheter une enveloppe.

Je retourne donc sur mes pas, vais pour pousser la porte de la librairie et... je vous le donne en mille... bing ! Elle aussi ferme à 12h30 maintenant ! C'est quoi ces commerçants qui ferment sur l'heure de déj' ?

Score : ville 2 - moi 0

Bon qu'à cela ne tienne, je vais quand même à la boucherie chercher un bout de cette terrine de canard. Je pousse la porte (eux ils ferment toujours à 13h, non mais !), dis "Bonjour" à la cantonade sauf que je suis toute seule dans la boutique...

Petit moment de solitude.

Un apprenti montre timidement le bout de son nez, je lui demande ma commande (qu'il ne trouve pas), il appelle la patronne qui m'annonce avec un sourire crispé qu'elle n'a pas reçu la livraison prévue...

Re petit moment de solitude.

Je lui demande alors « quand est-ce que c'est prévu pour ? »

Oui j'en perds mon latin.

La bouchère me regarde et, la mine déconfite, m’annonce que les locaux de l'entreprise viennent d'être détruits dans un incendie et qu'il va falloir attendre quelques jours que le patron délocalise ailleurs.

Gloupssssss... Pas cool du tout pour ce patron, tous ses employés et sa marchandise c'est clair, mais pas cool pour moi non plus qui me faisait une fête de cette terrine.

Bon ben... comment dire ? Ma petite virée d'une demi-heure dans l’un de mes quartiers préférés de Paris a été un échec total.

Score : ville 3 - moi 0 (tiens, ça me rappelle le score de France-Brésil 98...).

Mais je n'ai pas encore dit mon dernier mot ! Il me reste une option ! La boulangerie (et là si on me dit qu'il n'y a plus de pain, je fais un massacre).

Après avoir fait la queue pendant près de 10 minutes (souvenez-vous, c'est l'heure du déjeuner et les salariés des boites aux alentours achètent beaucoup de sandwichs), j'atteins enfin le comptoir.

Vu que j’étais bien frustrée par mes mésaventures (certes il faut relativiser, mais quand même), je me suis jetée comme une pauvresse sur les deux derniers beignets aux pommes qui restaient (et toc ! tant pis pour les autres et notamment les gamins qui ne sont pas partis en vacances chez mémé et qui n’auront rien à grailler pour le goûter).

Score : ville 3 - moi 1

Je sauve l'honneur, c'est déjà ça…

 

© Sabrina Richard – « Ma vie de femme presque parfaite »

Publié dans My life

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Nina Padilha 25/04/2014 12:21

Avec toi, une virée en ville est follement amusante (pour moi).
Bisous, ma belle. Garde le sourire !

Sabrina Richard Auteur 25/04/2014 12:22

Y'a des jours avec et des jours sans lol
Heureusement, ce n'est pas tous les jours comme ça ;-)